2 français à Sumatra

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Sur la route pour le Lac Toba, je rencontre un prêtre local avec qui j’ai une longue discussion très intéressante quant à l’Indonésie et ses différentes religions. Il m’ouvre les yeux sur la difficulté des chrétiens à s’affirmer face aux musulmans, et sur l’extrémisme de certains partis dans la Nord de l’île et plus particulièrement dans la ville très conservatrice d’Aceh. Nous prenons quelques photos, et je continue ma route en direction de Parapat pour prendre le ferry pour la presqu’île de Samosir.

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Avec mon ami prêtre

Arrivé à 2-3 kilomètres du lieu, une vision en face de moi m’étonne : un motard ! Un vrai de vrai, avec une grosse moto, plein d’équipement, et tout et tout ! Très curieux, je m’approche et aperçois que la plaque est européenne. L’excitation monte, et je découvre finalement que la plaque est française. Je klaxonne, fais de grands signes, et m’arrête au niveau du motard, qui finalement est une motarde.

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Une autre moto française ! 

Mélusine est une aventurière, une vraie. Après son parcours en 125 de France en Russie, ses aventures à travers l’Afrique puis l’Asie Centrale en gros cubes, elle démarrait depuis peu sa nouvelle expédition, qui est tout simplement la même que moi, mais à l’envers ! Sponsorisée par Triumph, Touratech et d’autres géants de la moto, elle a donc fait envoyé une bécane depuis Paris à Jakarta et a pour but de la reconduire gentiment au pays, sous les objectifs de ses caméras pour l’une de nos chaînes de télévision nationales. Elle est pleine de vie, et c’est un véritable plaisir de la rencontrer. Elle m’apprend beaucoup sur certains aspects du voyage en bécane que je n’avais jamais approfondis. Nous prenons le ferry ensemble et nous suivons pour trouver un endroit où dormir.

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Suivez les voyages de Mélusine sur SON SITE WEB

Le lac est magnifique, et les cabanes dans lesquelles nous dormons sont très typiques. Tout est en bois, la moustiquaire entoure le lit en hauteur, et même les couvertures sentent agréablement le renfermé (qui peut être une mauvaise odeur je vous l’accorde, mais dans ce cas-là un parfait mélange avec le reste pour créer une belle harmonie). Les gens de l’hôtel sont adorables, autant niveau staff que niveau visiteurs. Il semble que cette partie de l’Indonésie soit un peu l’équivalent de l’Iran quant à ses voyageurs, dans le sens où le peu d’information et le manque d’accessibilité filtrent le nombre de gens pour ne garder que les plus intéressants et agréables. C’est donc ainsi que je rencontre Marcus et Steve, des Australiens adorables, ou encore de nouveaux amis mexicains ou allemands qui supportent mon projet avec enjouement. Je décide de rester 2 nuits pour profiter de l’endroit, et pour faire une lessive bien méritée. Je prends la moto le lendemain et grimpe tout en haut d’une montagne surplombant le lac. Une famille y a installé un petit café, d’où la vue est simplement incroyable. Je redescends, et retrouve Mélusine pour un repas le soir. Nous passons une soirée agréable, et choisissons de reprendre le ferry de 10h ensemble le lendemain.

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Vue depuis le café 

Arrivés sur place, un homme me tend la main. « Tu me reconnais ? », me demande-t-il. Bien sûr ! Le sympathique homme des douanes rencontré 2 jours auparavant ! Il était venu passer le week-end ici avec sa famille. Nous embarquons. La traversée se passe sans problème, et l’on passe environ 80% du temps à poser pour des photos avec les locaux. Les voyageurs étrangers à moto sont très rares dans cette partie du monde. Il est difficile d’imaginer la probabilité de rencontrer une autre personne sur la route, d’autant plus française. Mélusine et moi nous suivons sur environ 40 kilomètres avant que nos routes se séparent. Nous décidons de profiter de l’opportunité pour prendre des vidéos pour l’autre depuis nos motos respectives, des vues et angles que nous n’avons pas forcément la chance de pouvoir faire en étant seuls. Arrivés à l’intersection où nous devions nous séparer, je réalise immédiatement que quelque chose manque. Mon traceur GPS ! Je me rends compte qu’il est tombé de sa pochette quelque part sur la route. Très frustré et ennuyé, je sors rapidement mon téléphone et accède à mon site pour en voir la position. Environ 5 kms d’ici. Ouf ! Je prie pour qu’il soit sur la route quelque part et non entre les mains de quelqu’un qui l’aurait ramassé et désactivé. S’en suit une course au trésor des plus intenses, mon GPS dans la main, mon téléphone dans l’autre, tentant de comparer le signal envoyé par la balise et le retranscrire sur le GPS tout en conduisant (ne me demandez pas comment j’arrivais à conduire avec les deux mains occupées, c’est un mystère qui reste entier à moi-même). Le signal est de plus en plus près, et je décide de m’arrêter pour la 10ème fois sur la bord de la route. Pourtant, ce devrait être proche de moi, je ne comprends pas… Je scrute difficilement les environs, et aperçois un bout orange dépasser du côté de la route. J’avais retrouvé ma balise ! Les marques dessus indiquent qu’elle a sûrement du être envoyée par une voiture sur le bas-côté. Je rejoins Mélusine et brandis fièrement mon équipement. Quel soulagement ! Nous nous souhaitons bonne chance pour nos voyages respectifs, et échangeons nos contacts. Je suis vraiment ravi d’avoir pu la rencontrer.

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Quelque part sur la route

Je continue ma route seul en direction de ma destination du soir : Padang Sidempuan. La route est difficile et j’arrive épuisé après 213 kilomètres de trous, de pluie,  et de poules à éviter. Mon frein arrière décide même de ne plus fonctionner du tout pendant une bonne heure, puis reprend ses fonctions après quelques moments de grève. Il refera la même chose plusieurs fois dans la journée. J’imagine que même les freins ont besoin d’un petit repos de temps en temps. J’aimerais pouvoir dire la même chose. L’hôtel n’est pas terrible, mais la moto est en sécurité et j’ai un semblant de lit pour la nuit.

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Trafic dense vers Padang Sidempuan

Le lendemain, je décide d’attaquer la journée à 7h pour me laisser assez de temps pour couvrir la distance du jour. La route s’améliore, et le soleil est même au rendez-vous. Je profite des jolies vues et atteins ma destination tôt ce jour-là, aux alentours de 14h. L’hôtel que j’ai choisi est cette fois-ci beaucoup plus confortable et agréable que la veille, et je m’y installe joyeusement. La ville de Bukittinggi est connue pour son énorme horloge, un rare héritage hollandais (pour ceux que ne le sauraient pas, l’Indonésie était hollandaise jusqu’à son indépendance en 1945. Demandez, vous saurez). Elle était là, se tenant fièrement au milieu de la ville en direction du ciel.

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Héritage des Hollandais, Bukittinggi

A côté d’elle, 2 indonésiens qui me demandent des photos avec eux. Ils ont une vingtaine d’années, et parlent très bien anglais. Ils me proposent de les accompagner pour escalader quelques 300 marches d’escaliers et gravir une colline pour profiter de la vue. Je rechigne à l’idée de gravir 300 marches après 7h de route, mais accepte pour profiter de la chance de rencontrer des locaux. Nous passons une partie de l’après-midi à voir cette colline, le marché, ainsi que des tunnels creusés sous la terre pour se protéger des bombes japonaises de la 2ème guerre mondiale.

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Mes deux jeunes amis

Une belle après-midi, et une bonne nuit de sommeil dans une chambre confortable, pour changer. Avec un traceur GPS en poche, qui plus est.

One Response

  1. Cricri de la Bedoule

    Que de rebondissements. Quelle merveilleuse aventure. Merci pour ces beaux témoignages et ces très belles photos

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